L’architecte

L’architecte éclectique

Puig i Cadafalch  fut un architecte éclectique. Trop jeune pour cataloguer toute son œuvre dans le modernisme (Art Nouveau) et trop  âgé pour la terminer dans le Noucentisme. Un éclectisme qui s’épanouira dans plusieurs directions à la fois.

D’une part, son immense connaissance de l’histoire de l’architecture lui fera intégrer, tout au long de sa vie professionnelle, des influences et des éléments d’architecture grecque, gothique,  arabe et  de la péninsule ibérique, ou encore  du modernisme européen et même de l’architecture américaine.

En outre, Puig i Cadafalch  mêlait dans le même bâtiment des influences de styles variés: colonnes ioniennes, guirlandes  Noucentistes, tribunes baroques, fenêtres médiévales, séquences visuelles arabes, influences allemandes médiévales ou des Pays-Bas. Plus tard, ce seront toutes les caractéristiques du modernisme européen – qu’il connaissait parfaitement – telles que les Belges de Van der Velde ou Víctor Horta, les Autrichiennes de Wagner et d’Olbrich, les Anglaises de Voysey ou celles de l’Écossais  Mackintosh.

Mais l’influence  la plus marquante chez lui est sans aucun doute, celle de l’architecture gothique. Puig i Cadafalch prétend s’inspirer du gothique: “Toutes mes œuvres sont nées de la même source: une tentative de renouvellement de l’art gothique. Pas un gothique  de foire… pas un gothique du temps de Louis XV, gothique de plâtre  ou de carton pierre, pas un gothique à la Viollet-le-Duc … mais avec la prétention de faire renaître son esprit, imprégné de l’art de notre temps “…

La passion de l’artisanat et des métiers

Par ascendance familiale, il se sentira lié à l’importance des métiers. Les motifs de broderies et de dentelles aux fuseaux qui ont accompagné son enfance ne sont pas étrangers à ses créations en céramique ou en serrurerie. Le forgeron Manuel Ballarin, les mosaïstes Bru ou Maragliano, le plâtrier staffeur Joan Paradís, les vitraillistes Rigalt ou Amigó, les sculpteurs Eusebi Arnau, Joan Llimona, Pere Blay, Alfons Jujol, le céramiste Enric Monserdà, l’ébéniste Gaspar Homar, entre autres vont décorer ses bâtiments d’excellentes œuvres d’art.

Puig i Cadafalch était un architecte “total”. Tout le monde sait qu’il était diplômé en sciences physiques et mathématiques et qu’il avait fait  les Beaux Arts. À l’école d’architecture de Barcelone, il  donna  des cours de résistance des matériaux et d’hydraulique. La connaissance si approfondie et extensive de toutes les époques  et éléments du travail architectural, du sous-sol à la structure en passant par la finition avec les moindres détails de décoration et de mobilier, lui permettront de réaliser les travaux en un temps record et une excellente qualité.

Puig était l’architecte à la mode de la bourgeoisie catalane: Raventós, Pich et Pon, Amatller, Baró de Quadras, Casarramona, Bofarull, Terradas, Baladia, Llorach … et indépendamment de sa tendance politique furent ses clients.

Pour la plupart d’entre eux, il a également conçu des panthéons funéraires, tels que Macià, Valldaura, Cambó, Monserdà, Dam, entre autres.

En 1904, à l’occasion de la célébration du Congrès International d’Architecture à Madrid, Puig i Cadafalch se présenta avec un livre publié en français: “L’œuvre de Josep Puig i Cadafalch“. Il manifesta, ainsi,  l’intérêt que l’architecture catalane soit connue à l’étranger, et tout au long de sa vie il  essaya et obtint que tous les domaines de la culture y soient reconnus.

Production architecturale

Xavier Barral a fait l’inventaire de sa production architecturale. Comptant œuvre décorative, architecturale, panthéons, monuments, croix, restaurations, projets … il y en a 220 entre 1892 et 1947.

Puig i Cadafalch a laissé, en Catalogne, une douzaine d’œuvres déclarées monuments nationaux (BCIN) et 26 protégées en tant que monuments locaux (BCIL), qui deviennent, ainsi,  témoignage évident de la qualité de son travail.

L’inventaire cite des œuvres à Biarritz, Valladolid, Madrid, Cambridge (États-Unis) ou à la salle du Foment del Treball Nacional au pavillon espagnol de l’exposition de Bruxelles de 1910.

Je pense que le projet du Palais de la Paix à La Haye (1906), qui rappelle le Westminster de Londres ou le Parlement de Budapest, et le projet d’une église votive pour Buenos Aires (1909), méritent une attention toute particulière, fait en collaboration avec Josep Goday, dont la tour centrale suggère l’aiguille de la Sainte-Chapelle à Paris.

Puig i Cadafalch, dessinateur de Barcelone

Depuis le conseil municipal de Barcelone, Puig a fortement contribué à la réforme de l’actuelle Via Laietana (1913), intéressé comme il l’était, il choisit la partie centrale pour trouver une connexion  positive avec la Barcelone romaine et médiévale, et les vues sur la cathédrale.

Une question municipale très importante se posait a Barcelone, c’était l’annexion des nouvelles municipalités : Sants, Gràcia, Horta … Le plan Cerdà ne le prévoyait pas et sa rigidité le rendit  difficile. Puig était le promoteur du concours international pour établir le  Plan de Liaisons, que l’architecte Lleó Jaussely gagna.

Puig i Cadafalch avait une énorme capacité de synthèse, de gestion de problèmes d’une grande complexité.

Un exemple particulièrement clair, à la portée de très peu de gens, est son projet d’aménagement de la montagne de Montjuïc, et en particulier l’exposition de 1929. L’axe de Montjuic est le seul axe monumental de Barcelone, comparable à d’autres villes similaires comme Paris ou  Vienne, mais avec un territoire beaucoup plus accidenté dans le cas de Barcelone. La commande lui fut retirée après le coup de Primo de Rivera, mais Puig i Cadafalch a laissé les pavillons royaux et les quatre colonnes, ainsi que toute la structure et l’image de l’ensemble.

La demande pour la rénovation de la Plaça de Catalunya  lui fut aussi retirée et  donnée en 1924 à l’architecte Francesc de Paula Nebot.

Puig i Cadafalch, restaurateur de monuments

Les  monuments restaurés par Puig i Cadafalch ne sont pas très nombreux mais par contre, d’une grande valeur. Nous parlons des églises visigothiques de Terrassa, du monastère de  Sant Joan de les Abadesses, du Palau de la Généralité, du monastère de Sant Miquel de Cuixà, de Sant Martí Sarroca, de la cathédrale de Solsona, du couvent de  Santa Cecília de Montserrat, du Monastère de Sant Benet de Bages, de la cathédrale de la Seu d’Urgell.

Mais, si son travail personnel  réalisé dans les monuments restaurés est très important, le fait qu’il créa une école, influençant Adolf Florensa, César Martinell ou Camil Pallàs, l’est aussi.

Esteve Mach i Bosch
Arquitecte
Argentona 2019

L’OEUVRE DE PUIG

L’homme politique

Le début de l’engagement politique de Puig i Cadafalch pourrait se situer en 1886, année de l’entrée de Puig au Centre Scolaire Catalaniste, véritable pépinière de grands hommes politiques des  années à venir,  tels que Prat de la Riba ou Cambó.

Il en sera Président au cours de 1889 à 1890 mais il avait déjà manifesté son patriotisme à 16 ans en écrivant des poèmes publiés dans  « El Semanario de Mataró ».

En 1892, il fut délégué par la municipalité de Mataró à l’Assemblée des Bases de Manresa, convoquée par l’Union des Catalanistes, que présidait l’architecte Domènech i Muntaner.

Nous savons qu’en 1893, il était déjà membre de la Lliga de Catalunya, dans la section Littérature et Beaux-arts.

Entre 1890 et 1900, Puig i Cadafalch écrit souvent pour la “La Renaixença”,  il y critique le caciquisme  politique et revendique l’étude et la mise en valeur de l’archéologie et de l’architecture patrie, comme moyen d’atteindre l’âme du pays, les origines de la nation catalane.

Domènech i Muntaner publiera le manifeste “Vers une architecture nationale” qui va dans le même sens et Prat de la Riba, en premières pages de “La nationalitat catalana” (1906) utilise un langage similaire. L’architecture au service de “bâtir un pays”.

En 1901, avec l’aide de Prat de la Riba, Cambó et d’autres, Puig i Cadafalch contribue à la fondation de la Lliga Régionalista de Catalunya. Le porte-parole du nouveau parti sera “La Veu de Catalunya”, qui, sous l’impulsion de Prat de la Riba, défendra une attitude beaucoup plus interventionniste en politique que ne le faisait “La Renaixença”.  Puig i Cadafalch en sera l’un des écrivains assidus. Le langage utilisé par Puig i Cadafalch est toujours clair et puissant, comme quand il écrit: “… la question catalane n’est pas une bonne ou une mauvaise administration; ce n’est pas de la morale administrative, ce n’est pas seulement un bon ou un mauvais gouvernement, c’est une question d’être ou de ne pas être.

Nous, les catalans, voulons être mieux gouvernés, mieux administrés, mais avant tout nous voulons être catalans avec tout ce dont un peuple a besoin pour exister…

En 1901, il fut élu conseiller municipal de la ville de Barcelone, poste qu’il occupa jusqu’en 1905.
On attend des nouveaux conseillers qu’ils changent le fonctionnement corrompu de l’Institution et qu’ils y apportent des connaissances techniques et professionnelles. Et ainsi le promet Puig i Cadafalch dans un article de « La Veu de Catalunya » en janvier 1902. En tout cas,  “L’Esquella de la Torratxa” publie une caricature de Puig i Cadafalch, où ils lui font dire : « La tâche est colossale / mais  moi, elle ne me fait pas peur/ de cette abominable maison / il ne doit pas  rester une seule pierre/

En 1906, la Solidaritat Catalana est créée, en réaction aux événements du “Cu-Cut”, de “La Veu de Catalunya” et à la Loi de Juridictions.

Le succès électoral de Solidaritat Catalana  permit à Puig i Cadafalch d’être élu député aux Corts pour Barcelone en 1907. Dans son premier discours, Puig sera, comme toujours, direct. Enric Jardi en rapporte ce fragment : « … devant cet Etat caduque, devant cet Etat qui n’est pas l’Organisme adéquat de la diversité  de citoyens, devant vous, représentants des dernières années de cet État centralisateur, nous arrivons, représentants de la liberté collective… »

Il y restera jusqu’en 1910, intervenant, essentiellement en faveur de la culture, des infrastructures et des transferts de services.

En 1913, Puig i Cadafalch entre à la  Députation de Barcelona, ce qui lui permet de travailler avec Prat de la Riba, dans  un projet qui  deviendra réalité à partir de la création de la Mancomunitat de Catalogne en 1914. Puig sera réélu député jusqu’en 1923.

Après la mort de Prat de la Riba, en août 1917, Puig i Cadafalch, qui était déjà l’un des huit membres du Conseil permanent de la Mancomunitat, fut élu Président remportant la victoire, de manière très serrée, sur l’autre candidat, Joan Rovira i Agelet.

La collaboration avec des politiciens de diverses idéologies, initiée par Prat de la Riba, fut continuée par Puig i Cadafalch. D’un côté, parce que tous deux avaient dû faire de la vertu une nécessité, vu la complexité politique que reflétait le même Conseil Permanent et de l’autre parce qu’il y  eut un moment au cours duquel, un grand nombre de politiciens surent se mettre au service de la construction du pays, avant tout autre intérêt. En tout cas, Puig continua et concrétisa le projet de Prat d’une façon si identique, que les interventions se confondent et s’attribuent souvent, à l’un ou à l’autre, sans distinction aucune.

Puig i Cadafalch fut réélu comme  Président en 1919, 1921 et 1923. En 1920, Puig obtient  le transfert des services et des ressources des quatre Conseils Catalans à la Mancomunitat, ce qui permettra – même dans le cadre d’une notable réduction de ressources –de donner une impulsion au budget et aux projets de la Mancomunitat.

Le travail de Puig i Cadafalch en tant que président aura de nombreux fronts ouverts. L’un, très  important, et la lutte à Madrid pour obtenir plus d’autonomie pour la Catalogne, avec Cambó  au front, comme il l’avait fait avec  Prat de la Riba. L’autre front était en Catalogne même, avec la radicalisation des partis politiques et, surtout, des syndicats. La lutte entre les syndicats et les patrons  dégénéra des deux côtés : des hommes armés, l’influence du triomphe des bolcheviks en Russie (1917), des grèves, etc., vont conduire à une situation sociale insoutenable.

Albert Balcells a  très bien étudié cette période, où la Mancomunitat et le Président lui-même ont été appelés à arbitrer entre les parties opposées, avec peu de succès.Tout cela aboutit au coup d’Etat de Primo de Rivera en 1923. Puig i Cadafalch ne l’apprend   que quelques heures auparavant. Après que Primo de Rivera ait accepté de se réunir avec le Président de la Mancomunitat et de lui garantir de respecter l’essentiel des droits de Catalogne, le Conseil Permanent de la Mancomunitat va rendre public  un communiqué donnant son soutien au général à partir de ces bases.

Aucune de ces promesses ne fut tenue et le jour même où le communiqué de la Mancomunitat  parut dans la presse, le catalan fut interdit dans les entreprises publiques ainsi que l’utilisation du drapeau catalan, parmi beaucoup d’autres sanctions humiliantes.

Les conséquences de ce fait pèseront lourd dans les futures déterminations  de Puig i Cadafalch en tant qu’homme politique, bien que la trahison de Primo de Rivera à la Mancomunitat et à  son président soit claire.
À la fin de 1923, Puig i Cadafalch s’exile en France pour se consacrer à des activités de recherche dans les domaines de l’architecture et de l’archéologie.
Lorsque, en 1930, Primo de Rivera tombe, Puig redevient membre de la Députation de Barcelona.

Le déclenchement  de la guerre civile l’oblige à s’exiler de nouveau en France, d’où il reviendra en 1941.

Il faut donner une valeur spéciale à son travail pour maintenir en vie l’Institut d’Etudes Catalanes, présidant et  réunissant les membres clandestinement chez lui, et á la sauvegarde d’une grande partie de la documentation de la Mancomunitat qui fut trouvée longtemps après ; maintenant elle  est conservée au Musée des Archives Nationales de Catalogne.

Puig décède le 23 décembre 1956 à l’âge de 89 ans, il est enterré à Mataró, sa ville natale.

Plusieurs historiens s’accordent pour dire que  Puig était davantage un administrateur qu’un homme politique. Et lui même ne s’en  cachait pas  devant des personnages comme Pla ou Azorin ou dans certains de ses propres discours. Il était convaincu que le monde des politiques était plein de luttes partisanes et stériles. Lui, c’était un homme avec un grand sens pratique et un vaste portefeuille de projets pour réaliser. Il  accepta toujours, cependant, les fonctions que lui assigna son parti, convaincu très probablement,  que malgré les lacunes évidentes, seul l’engagement politique permet de mener à bien les initiatives importantes au service du pays.

Acceptà sempre, però, els llocs que el seu partit li designà convençut, molt probablement, de que malgrat les deficiències obvies, només el compromís polític permet de portar a terme les iniciatives importants al servei del país.

Esteve Mach i Bosch

Architecte
Argentona 2012

Historien de l’art et l’Archéologuie

Josep Puig i Cadafalch est bien connu pour être l’une des grandes personnalités du modernisme catalan. Cependant, toute approche impartiale de sa personnalité le décrit rapidement comme un travailleur infatigable et, avant tout, polyvalent, plongé dans des activités variées qui, sans jamais supplanter son travail d’architecte et de dessinateur, nous amènent à évaluer son travail dans d’autres domaines, de la politique à l’archéologie en passant par l’histoire de l’art et, en particuliers, de l’architecture. Au sein de cette pluralité d’initiatives, la restauration est également apparue comme une préoccupation réprimée, développée parallèlement et l’accompagnant par intermittence. Ses interventions dans ce domaine se dérouleront au cours des trois premières décennies du XXe siècle.

En quelque sorte, son dévouement à la restauration des monuments peut être compris comme un point de rencontre, une synthèse de tous ses intérêts et nous  montre à quel point le dévouement de Puig à chacun d’eux correspond à une approche cohérente de sa part.  La restauration des anciens bâtiments catalans a pour lui un côté civique et patriotique, où il retrouve  les signes d’une identité nationale, trait d’union avec sa fidélité à la politique catalane.

Mais cette tâche il l’accomplit non pas avec une passion romantique, mais avec la rigueur scientifique qui provient de son étude approfondie des œuvres. Puig était le meilleur connaisseur de son époque de l’ancienne architecture catalane, avec un prestige d’historien de l’architecture médiévale qui dépasse de loin le niveau local. En raison de ce double intérêt civique et historique, et parfois avec le soutien de certaines institutions politiques et culturelles catalanes nouvelles à cette époque, tels que l’Institut d’Estudis Catalans ou la Mancomunitat elle-même, il  eut l’occasion de diriger et guider la restauration de certains monuments. N’oublions pas qu’en sa qualité de conseiller de la Mairie  de Barcelone, il promut la création du Conseil des Musées Autonomes, transformé en 1907 en Conseil des Musées de Barcelone.

(Résumé du texte de Rosa Alcoy et Pere Beseran, “Puig i Cadafalch et la restauration de monuments”. Institut Amatller d’Art Hispánic, 2002)

INTERVENTIONS

MONUMENTS HISTORIQUES ET GISEMENTS ARCHÉOLOGIQUES
  • Corbins (Segrià),  monument funéraire romain.
  • Cuixà, monastère de Sant Miquel de Cuixà.
  • Empúries, site gréco-romain.
  • Favara (Saragossa), sépulcre.
  • Girona, bains arabes.
  • Montserrat,  l’abbaye et Santa Cecilia.
  • Ripoll, pierre tombale.
  • Sant Benet de Bages, monastère.
  • Sant Jaume de Vilanova, monastère.
  • Sant Joan de les Abadesses, monastère.
  • Sant Llorenç Savall, vitrage.
  • San Martí Sarroca, monastère.
  • Sant Pere de Rodes, monastère.
  • Santa Maria de la Seu d’Urgell, cathédrale.
  • Solsona, seu.
  • Tarragona, Cathédrale et Arc de Barà.
  • Terrassa, complexe monumental des églises de Sant Pere.

RECONNAISSANCES INTERNATIONALES EN VIE

  • Doctor Honoris Causa de l’Université de la Sorbonne à Paris.
  • Doctor Honoris Causa de l’Université de Barcelone.
  • Doctor Honoris Causa de l’Université de Fribourg, en Allemagne.
  • Doctor Honoris Causa de l’Université de Toulouse, France.
  • Membre corresponent des Inscriptions et des Beaux-Arts de Paris.
  • Creació a la Universitat dde la Sorbonne à Paris du Centre d’études des  arts et de la culture catalane.